18 juil. 2010

Rassurer les Marchés

Le Premier Sinistre l'a dit.

Il en a même lâché le Gros Mot que tout le monde évitait soigneusement depuis des mois (c'est ça le Pouvoir Absolu du Roi... il peut même abolir certains mots du vocabulaire !)
Donc la France est enfin gouvernée par un Gouvernement à poigne qui va enfin prendre les mesures qui s'imposent.

Les mesures de Rigueur.
Hourra !!!!
Jouez hautbois, résonnez musettes !
En voilà une bonne nouvelle qui va rassurer les Marchés.
Parce qu'en réalité, c'est ça le mot d'ordre : calmer les vrais patrons du monde, ne pas les empêcher de profiter pleinement de leurs vacances aux Seychelles, rentrer (enfin !) dans le rang docile des moutons qui suivent gentiment les directives dogmatiques du FMI.
Il fut un temps où certain ministre de l'intérieur (des avec un accent rigolo pour nous faire moins peur, avant qu'on aie le modèle "nain bondissant omni-présent") se vantait de "terroriser les terroristes", parce qu'on ne négocie pas avec cette engeance-là : on les "poursuit jusque dans les chiottes" (ça c'est un autre modèle de démocratie participative obligatoire qui l'a dit)...

Mais avec les terroristes du CAC, des salles de cotation ou autre preneurs d'otages de l'Euro (et des proies faciles comme la Grèce ou l'Espagne...), on fait preuve d'un peu moins de fermeté. Un peu plus de douceur. De compréhension. C'est bien normal après tout : on a été dans les même écoles privées pour rupins, dans les même coktails à l'Ambassade ou au Ministère (tant qu'à faire autant que ça soit le contribuable qui paie les petits fours... le goût en est meilleur !), dans les même réceptions-distributions de Madame B.
On va pas se faire du mal entre gens de bonne compagnie.
Et les grouillots qui ont perdu leur emploi, leur pouvoir d'achat (déjà heureux qu'ils en aient un...), leur hôpital de proximité pour soigner leurs affections de pauvres, leur école, leurs espérance ? Ceux qui vont travailler plus longtemps pour gagner moins (et aussi pour que les Marchés sachent qu'on fait gentiment ce qu'ils demandent...) ?

Pas grave du tout.

L'essentiel, on vous l'a dit et répété (bandes de cons sourds et aveugles), c'est de rassurer les Marchés.
Libres et concurentiels.
D'ailleurs ça a l'air d'aller moins pire pour eux :

Pour eux la Crise a l'air de s'être assez bien passée...
Pas vous ?

Meci qui ?...

11 mai 2010

Elle est pas belle la Bourse ?

Alors ?
Heureux ?...
700 Milliards d'Euros de promesse de don du Télécon Euro-Groupe le dimanche.
Et hop !
+10 % au CAC40 le lundi.
+5% sur le marché de Londres, pareil à Francfort
Plue de 10% à Madrid, Rome, Lisbonne, Athènes...
Y a que New York qui est à la ramasse de cette monté vertigineuse : +3% seulement...

Tout va bien alors ?
C'est parce qu'on s'était beaucoup inquiétés pour tous ceux qui avaient beaucoup perdu la semaine dernière...

Comme quoi, rien ne vaut un bon incendie pour faire monter l'adrénaline, accourir les pompiers de service et engranger un max de bénéfices...

Et oui : on ne se refait pas !

Boooooon... on cherche toujours une quarantaine de milliards à prêter à la Grèce, mais ça c'est une autre histoire...
Sans aucun rapport avec les 11 milliards d'Euros échangés hier sur le CAC (personne ne nous dit clairement combien se sont échangés sur les autres bourses... mais ça doit bien faire dans les plus de quarante en tout, non ?....)

Et toujours sans aucun rapport, les salariés et autre contribuables de base de la zone Euro et assimilée vont subir des plans de rigueur à répétition, voire de réduction budgétaire, voire d'annulation de promesses sociales, voire plus si affinité...

Comme quoi, on ne peut pas aider tout le monde, hein ?...
Le Marché Libre et Concurrentiel (quand tout va bien) et les humains qui en subissent les conséquence en bas de l'échelle alimentaire...

7 mai 2010

La Rigueur de la Peur

Voilà l e Mot du jour !!
Qui fout les jetons et qu'on nous assène avec sérieux, tristesse et un brin de Drame.
LA RIGUEUR
De partout.
Grèce
Espagne
Italie
et même ce beau pays ensoleillé et rempli d'ultra-gauchistes aveugles qu'est la France.

Le bon peuple, il faut qu'il comprenne que c'est pour son bien.
Pour celui de ses enfants et des générations à venir.
Qu'on a tout fait pour éviter ça mais que maintenant c'est plus possible.

Sinon ça ca tourner à la cata.
A la Faillite.
Ou pire.

Que de gros mots dans la bouche de notre premier Ministre !

Il faut dire qu'il a envie de nous faire passer la pilule.
Un peu par un orifice non prévu à cet effet, mais bon : c'est pour notre bien.
Alors il faut ce qu'il faut.
Et tant qu'à faire dans le psychodrame à deux balles autant bien lui faire peur au bon peuple.

Il est si con ce peuple de moutons.
Faudrait pas qu'il renâcle et qu'il lui pousse des envie de grèves générales comme chez les fous grecs !

Donc on utilise la PEUR comme argument massue.
Et après il a intérêt à la fermer sa gueule, le peuple.
Sinon on enverra la Police lui expliquer.

Sauf que ça fait 30 ans qu'on nous bassine avec des mesures de rigueur.
Qu'on coupe tous les budgets, les effectifs.
La Rigueur c'est le Graal, mieux encore que le "Marché Libre et Concurrentiel".
Le Mot Saint.

Mais 30 ans que rien ne s'améliore.

A moins que le peuple ne se rende enfin compte qu'on le prend pour un con ?....
Rêvons un peu.

4 mai 2010

Le Grenelle de tous les dangers

Dans la Série "La Crise a bon dos et profitons-en pour augmenter nos profits"...
Le Grenelle II de l'Environnement présente :
Le Grand N'Importe Quoi anti-écolo
Du genre :
  • On ne parle plus de taxes (carbone ou Poids Lourds) pour apprendre aux gens à changer de comportement et mode de vie.... alors que la Taxe Poids Lourds était une promesse de campagne du candidat Sarkozy (celui qui "tient ses promesses contre vents et marées", vous savez....). Pas avant 2012. Faudrait pas fâcher les électeurs.
  • On va arrêter de parler de ce foutu éolien : c'est moche et pas si écologique que ça.... (et je vous dis pas le photovoltaïque qui devait tant produire il y a pas si longtemps, et qui s'avère si peu rentable... on se demande pour qui !)
  • Les OGM c'est pas si caca que ça... et les pesticides c'est pas si dangeureux que ça après tout...
Tout ça sous la pression des fabricants d'opinions (enfin des opinions de soit disant décideurs de nos parlements sous influence).
Des transporteurs.
Des grands groupes alimentaires.
Des chimistes.
Des Autoroutes.

Mais si on n'investit pas dans ces technologies pour produire moins polluant demain, c'est parce que ça sert à rien ?
Noooooon....
Disons que d'autres le font déjà et mieux que nous... les allemands, les chinois, les japonais.... Faudrait pas qu'on marche sur leur plate-bandes ou qu'on risquent de leur faire concurrence...
Donc oublions une éventuelle industrie verte à la française (et tant qu'à faire oublions une quelconque industrie française, en dépit de se que raconte notre Super Prèz' : ça rapporte pas assez et ça fait vivre trop d'ouvriers et salariés mal payés...).

Oublions aussi une agriculture maîtrisée, sans trop de chimie ni de modifications génétiques qui ne sont que des sauts en avant pour nous faire oublier que la terre ne pourra pas supporter ces mauvais traitements indéfiniment. Continuons à polluer nos sols, nos rivières, l'air que nos enfants respirent...

Ne changeons rien à notre parc électrique et vendons notre savoir-faire nucléaire au monde entier (après tout si on produit moins avec ça risquerait de faire penser à nos futurs clients que c'est pas si bien que ça...).

Ne changeons à nos modes de vie consuméristes et productivistes inféodés à la sacro-sainte voiture (que si t'en deviens privé, t'es mort, croix de bois, crois de fer....)

Et fonçons.
Droit dans le mur.

En écoutant le chant des sirènes qui voudraient nous faire croire que ce gouvernement du Capital, du profit et des notables enrichis est écolo. L'écologie c'est une tarte à la crême dont se barbouillent tous les candidats pour nous faire croire qu'ils pensent à demain, à après-demain, à nos enfants et aux générations futures qui vivront sans doute dans des bulles protectrices sous les nuages toxiques et sans ozone...
D'ici à ce qu'ils nous fassent leur "come back" en avouant qu'ils n'y ont jamais cru, eux, au réchauffement climatique, au dérèglement planétaire (de toute façon, la déréglementation, ils sont pour, eux...)...

Le Grenelle du Pipeau on aurait dû l'appeler !

2 mai 2010

Deux poids, deux mesures

D'abord il y a eu les Banques.
Pas bien.
Les pauvres...

Oubliant que c'était en grande partie de leur faute si elle s'étaient jetées à corps perdu dans une merde assez infâme (entraînant une grande partie de la vraie économie avec elle vers l'enfer...), les états les plus libéraux n'ont pas rechigné à leur filé un petit coup de main.
Par dizaines de Milliards tout de même.
Mais sans oser leur imposer de conditions particulières sur leur gouvernance à venir, leurs mauvaises habitudes à perdre... Surtout pas en demandant à avoir un retour sur investissement du genre impôt sur le bénéfice... (en en mettant de côté tous ces vilains produits toxiques qui faisaient si désordre dans les comptes de ces belles sociétés...).
En s'excusant presque quand il a fallu faire semblant d'être offusqué devant les Primes conséquentes qu'elles ont distribué dès que la tempête était passée..

Et puis il y eu quelques pays.
Des gérés par des fous incompétents.
Et menteurs avec ça (aidés et conseillées par des banques d'ailleurs...) !
Alors on a dit que ça ce faisait pas.
Qu'aider les emmerdeurs fainéants et profiteurs c'est pas leur rendre service...
Mais finalement, parce qu'on a bon cœur (un peu trop : ça nous perdra !), on va bien aider la Grèce.
Pour son bien et le notre.
Mais avec des conditions.
Ah oui.
Réduction de l'endettement, gel des salaires des fonctionnaires et tout le tralala...
Faut pas déconner !

Pendant ce temps-là, qui parie que les dirigeants des banques qui ont foutu le feu vont pouvoir tranquillement s'offrir une petite augmentation ?.....

1 mai 2010

Le vrai visage de l'Europe

Vous souvenez-vous ces descriptions enjouées qu'on nous faisait d'une voix mielleuse en 2005 ?
Sur cette Europe de la réussite, de la justice...
Et aussi du Marché Libre et Concurrentiel tout de même.

Mais les masques sont jetés à bas désormais.
Les fantastiques réussites que sont Airbus & co ne sont qu'un tas de gaspillages égoïstes (chaque nation tirant la couverture à elle puisqu'elle a mis de l'argent au panier), d'abus de bien sociaux et d'enrichissement personnels (de personnes déjà largement gavés mais n'ayant apparemment jamais assez...).

La Grèce, l'Espagne, le Portugal, l'Irlande, tous ces pays qu'on nous présentait comme les modèles tirés vers le firmament européen par l'Europe, sont en passe de finir aux mur de la honte de l'économie internationale.

Et enfin, les états qui nous chantaient des airs si enthousiastes n'ont aucune envie d'aider ces loosers-là. Faut pas abuser tout de même ! C'est que ça coûte, ma pauvre dame, de renflouer un pays comme la Grèce.
Surtout quand on a assécher les rentrées fiscales depuis des années.
Pour un rappel historique de cette débâcle, lire l'excellent article du Diplo.

Donc chacun joue pour lui.

C'est le marché libre et concurrentiel.

Entre la Concurrence et la Solidarité, le choix est vite fait.

Peut être parce que l'Union Européenne (dont le Traité qu'on ne nous a plus demandé d'approuver interdit formellement la solidarité financière entre états membres) n'est qu'une union de marchands et de financiers ? La fille de la Communauté Economique en quelque sorte ?...
Les marchands et les financiers, il faut pas se leurrer ni en jouer les vierges effarouchées (comme ceux qui reprochent à Goldman & Sachs de vouloir faire du blé à tout pris de l'autre côté de l'Atlantique), leur but c'est l'argent. Toujours plus. Toujours plus vite.
Point.

C'est aux politiques de leur mettre quelques limites.

Mais ça fait bien longtemps que des politiques, il n'y en a plus.
Des candidats à une élection, un poste, une sinécure, oui.
Des annonceurs de messages chocs des marchands et financiers suscités, aussi.

La propagande quoi.
Au service du sacro-saint Marché Libre et Concurrentiel.

6 avr. 2010

Tu vas la fermer, oui ?...

Que tu sois élu de gauche
Et même de droite...

Gendarme avec ou sans doctorat...
Le mot d'ordre reste le même.

Que tu aies la moindre velléité de critique vis à vis de la Taxe Carbone qu'elle était déjà pas terrible à la naissance et encore moins bien maintenant que notre Omni Super Prèz il l'a carbonisée...

Voire l'envie de pousser l'embryon d'un début de critique du Bouclier Fiscal, comme quoi, par exemple il serait peut être éventuellement plus juste si les riches millionnaires pouvaient se délester d'un petit bout de leur fortune au profit de ceux qui crèvent la dalle ou de l'Etat qui est en déficit aggravé chronique...

Ou même écrire un poème même pas satyrique en soutien à un gendarme chercheur qui s'est permis d'écrire un article fouillé et réfléchi sur le rapprochement Gendarmerie-Police et qui s'est fait radié par décret impérial présidentiel ?...

Et ben la réponse est la même pour tous :

TU LA FERMES !

ET TU TE CASSES.

Non mais.
Sinon ça va être le bordel ambiant, toux ces dépités de l'UMP qui remettent en cause les sacro-saints dogmes de notre vénéré Super Prèz (que c'est le plus bô et le plus zintelligent en dépit des seulement 30% de français intelligents qui le comprennent, l'apprécient et l'aiment...) !

On n'est pas en démocratie, non mais !

26 mars 2010

Solidarités Comparées

Hier le mot d'ordre était "SOLIDARITE".
Partout. A toutes les sauces.

En Europe, où elle a été obtenue dans la douleur et la petitesse pour la sauvegarde de la Grèce (vous savez ? ce pays de pauvres fainéants qui profitent des largesses de la Grande Europe pour se la péter et vivre au dessus de ses moyens...).
Solidaires, mais en traînant des pieds, en rechignant, en arguant que les mauvais élèves profitent des largesses des bons (bons ?... l'Allemagne, la France et l'Angleterre ?... ça se saurait, non ?...).
Et surtout en faisant appel au gendarme contrôleur général de la Finance, qu'est le FMI.
Des fois qu'on accuse l'Europe d'aller à contre courant du marché libre et concurrentiel...
Quand on se souvient que les mêmes états ont spontanément volé au secours de banques qui avaient foutu le feu à la planète sans demandé l'accord ni à Strauss Kahn ni au Pape, on se demande....

Aux USA, où la Solidarité a été arrachée par Obama à des élus Démocrates sous influence des lobbyistes des grands groupes d'assurance santé.
Respect.
Ca peut paraître dingue de ce côté-ci de l'Atlantique, mais la solidarité c'est loin d'être simple pour les américains. Pour eux c'est normal que les riches ne paient pas d'impôts (sinon ils vont partir et faire perdre cet immense talent de faiseur d'argent au pays) et normal que les pauvres crèvent à côté (si on leur donne de l'aide, ça va leur donner de mauvaises habitudes et les laisser croupir dans leur misère quasi-génétique... après tout c'est de leur faute s'ils ne réussissent pas !).
C'est pour ça que cette solidarité mérite le respect. Parce qu'elle va à l'encontre d'un réflexe pavlovien de "moins d'état", "plus de liberté d'entreprendre".
Rien que pour ça je vous conseille de lire ce qu'a écrit Howard Zinn, historien américain exemplaire décédé en début d'année, dans "Nous le Peuple Américain..."

Même dans la bouche de Villepin, il y avait Solidarité.
Avec qui, quoi, comment ? C'est une autre histoire.

Et même en France, ce beau royaume fleuri et ensoleillé il y avait de la solidarité.
Avec GDF-Suez, ce fleuron du privé.
Si si.
9.5% d'augmentation des tarifs pour les clients.
Pour pas que les actionnaires se suicident à la mode des salariés de France Télécom.

Y a-t-il besoin d'en rajouter à cette comparaison pitoyable ?